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Rénovation énergétique : et si les économies étaient (vraiment) au rendez-vous ?

30/3/2026

Rénover pour consommer moins. Sur le papier, la promesse est connue. Mais dans la réalité, tient-elle vraiment ? L’association Dorémi a suivi plusieurs dizaines de ménages durant deux ans, en épluchant leurs consommations après travaux. Verdict : avec un accompagnement adapté et une bonne dose de sobriété énergétique, la réalité peut dépasser les promesses. La barre était pourtant haute : atteindre le niveau du label BBC-Rénovation, soit une consommation inférieure à 50 kWhEP/m²/an. Objectif non seulement atteint, mais largement dépassé. Sur les logements étudiés, la consommation moyenne après rénovation s’établit à 37 kWhEP/m²/an. Une performance notable, même si les écarts restent significatifs selon les cas, avec des valeurs oscillant de 8 à 76 kWhEP/m²/an. Démonstration est faite : une rénovation énergétique menée dans les règles de l’art permet bel et bien de réduire drastiquement les consommations. Un point de vigilance toutefois : l’association souligne que les hivers « particulièrement doux sur la période de l’expérimentation » ont contribué à accentuer cette baisse, notamment sur les besoins de chauffage. DES RÉSULTATS SOLIDES… MAIS DIFFICILEMENT GÉNÉRALISABLES Peut-on pour autant extrapoler ces résultats à l’ensemble du parc rénové ? Rien n’est moins sûr. L’expérimentation de Dorémi repose sur des rénovations globales et performantes, réalisées par des artisans formés, avec un haut niveau d’exigence : traitement des six postes de travaux, gestion des ponts thermiques, étanchéité à l’air, maîtrise des transferts de vapeur d’eau… Autant de paramètres encore loin d’être systématiquement réunis sur tous les chantiers en France. Autre facteur clé : l’accompagnement des ménages dans leur démarche de réduction des consommations d’énergie. Les participants ont bénéficié de conseils et de webinaires dédiés à la prise en main du logement rénové et à l’optimisation des usages, tant sur l’énergie que sur l’eau. Cet accompagnement joue un rôle déterminant. Il permet notamment de limiter l’effet rebond, bien connu des spécialistes, qui tend à grignoter les gains énergétiques en raison de nouveaux usages (hausse du confort, températures plus élevées, etc.). Dorémi invite néanmoins à la prudence dans l’interprétation des résultats : « les participants ont été recrutés sur la base du volontariat et peuvent ne pas être complètement représentatifs de la population générale ». Le simple fait de participer à l’expérience témoigne d’une sensibilisation forte. Reste un enseignement majeur : la combinaison d’une rénovation globale performante et d’une démarche active de sobriété énergétique constitue un levier puissant. À la clé, des consommations en nette baisse… et des factures qui suivent la même trajectoire.

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