Toutes les copropriétés de plus de quinze ans doivent y passer. Quelque 400.000 immeubles pour les estimations basses, jusqu’à 700.000 parfois pour les plus hautes. A un député qui s’inquiétait d’un nombre insuffisant d’acteurs, le ministère apporte une réponse sans ambages : il y a suffisamment de professionnels pour répondre à la demande. Le Projet de Plan pluriannuel de travaux n’est pas remis en cause. La question n’est pas là. Le député Stéphane Viry (Vosges, Liot) s’inquiète plutôt de sa mise en œuvre. Avec l’élargissement de l’obligation aux petites copropriétés en 2025, des centaines de milliers de copropriétés sont aujourd’hui concernées. De quoi craindre un embouteillage. « Le nombre d’acteurs qualifiés pour mener ces études est largement insuffisant. Par exemple, dans la région Grand Est, moins d’une dizaine d’acteurs sont en mesure de réaliser ces études », explique le député vosgien dans une question adressée au ministère du Logement au printemps dernier. L’élu estime que mille professionnels, des bureaux d’études, des architectes, des thermiciens ou des diagnostiqueurs immobiliers, sont en capacité de réaliser le 3PT. Le calcul est vite fait. Réaliser 400.000 projets de PPT en deux ans se révèle tout simplement intenable. Face à cette impossibilité, Stéphane Viry demandait donc à « revoir ce calendrier afin de mieux refléter la réalité du terrain ». PAS DE RISQUE DE PÉNURIE La réponse ministérielle s’est faite un peu attendre, elle n’est tombée que début février. Pas question de toucher au calendrier, le 3PT et le DPE collectif « répondent à l’enjeu majeur de réduction des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre du parc immobilier ». Côté ministériel, on ne craint pas une pénurie de main d’œuvre. « Au 1er septembre 2025, au moins 1.900 bureaux d’études et sociétés d’architecture, ainsi que 5.500 diagnostiqueurs immobiliers certifiés pour les logements collectifs sont en capacité de réaliser ces missions pour le compte des copropriétés. » Pas d’aménagement pour les 3PT et PPT, en revanche, le ministère réaffirme sa volonté d’assouplir le calendrier des obligations de Climat et résilience. «Le Gouvernement est conscient de la difficulté à faire voter et financer des travaux de rénovation énergétique en copropriété qui soient conformes aux délais de la loi Climat et Résilience. Conformément à la proposition de loi visant Clarifier les obligations de rénovation énergétique des logements votée en première lecture au Sénat, le Gouvernement soutient les dispositions facilitant la remise ou le maintien en location des logements en copropriété une fois les travaux votés. »