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Pourquoi le DPE n’a sûrement pas fini d’évoluer

7/1/2026

Il faudra s’y faire. Le DPE a encore évolué au 1er janvier 2026, entraînant bon nombre de logements dans une nouvelle valse des étiquettes énergétiques. Une réforme de plus. Car depuis sa naissance, il y a 20 ans, le diagnostic n’a cessé d’être remanié. Et c’est loin d’être fini. Sur le fond, l’évolution en vigueur depuis le 1er janvier 2026 est souvent perçue comme une avancée. Parce que le CEP (Coefficient d’énergie primaire) demeurait injuste avec l’électricité plutôt décarbonée. Sur la forme, l’évolution n’est pas toujours bien comprise et risque encore d’écorner l’image d’un DPE qui n’avait franchement pas besoin de ça. Il faut se mettre un peu à la place du propriétaire qui ne cesse de voir son étiquette évoluer. D’abord avec la grande réforme du DPE de juillet 2021, puis avec les retouches apportées à la méthode quelques mois plus tard, puis en 2024 avec le calcul pour les petites surfaces et désormais en 2026 avec le nouveau CEP. Résultats, un logement peut fort bien être passé de G à E sans avoir réalisé les moindres travaux. UN DPE EN MOUVEMENT PERPÉTUEL Qui a dit que le DPE serait immuablead vitam æternam? Pour Thierry Marchand, administrateur de l’Alliance du diagnostic immobilier, le DPE évolue, il s’adapte. « Il n’a jamais été dit que le DPE resterait figé au 1er juillet 2021, c’est une hérésie de le penser. Le mix énergétique a évolué, avec le nucléaire, le photovoltaïque ou l’éolien, l’électricité produite en France est encore plus décarbonée qu’auparavant. » Cela vaut bien d’ajuster le CEP dans la méthode de calcul pour coller à la réalité. Tout comme en 2024, le gouvernement sur recommandations de la profession, avait déjà jugé bon de revoir la méthode pour les petits logements injustement pénalisés dans le calcul DPE. Ajuster l’algorithme, le compléter pour parvenir à une estimation la plus juste possible, quel mal y aurait-il à cela ? Le DPE n’en a sans doute pas fini avec les modifications. « Aujourd’hui, le DPE est un indicateur qui évolue avec le temps. J’attends d’ailleurs de nouvelles évolutions sur le bâti ancien poursuit Thierry Marchand. Encore une évolution jugée nécessaire, y compris au sein de la filière du diagnostic immobilier, même si à l’évidence elle se soldera par des sauts de classes énergétiques pour certains logements. L’actuelle méthode de calcul n’apparaît pas toujours très adaptée aux modes de construction et les acteurs du patrimoine réclament depuis des années un DPE et un audit énergétique plus respectueux du bâti ancien. Ce n’est pas la seule piste d’évolution actuellement à l’étude. Avec le réchauffement climatique et les canicules à répétition, le confort d’été devient essentiel. Mais l’indicateur apparu en 2021 dans le DPE ne semble déjà plus à la hauteur des enjeux. Au printemps 2025, Valérie Létard, alors ministre du Logement, avait annoncé une réflexion pour améliorer et délivrer une meilleure information sur le confort d’été dans le DPE La ministre a depuis passé la main, mais le sujet reste d’actualité. D’ailleurs, il figure dans le PNACC 3 (Plan national d’adaptation au changement climatique), avec une échéance pour 2028. DPE, ÉTERNEL INCOMPRIS On pourrait encore évoquer le travail mené par le CSTB sur un nouveau moteur de calcul commun aux bâtiments neufs et existants ou la réflexion menée à l’échelle européenne pour harmoniser les certificats de performance énergétique des États membres. Ou le projet d’imposer aussi, toujours au niveau européen, un DPE après travaux. Assurément, le DPE n’a pas fini de bouger. Avec encore, à la clé, des changements d’étiquettes pour certains propriétaires si on retouche à la méthode. Incompréhensible ? Oui, si on s’entête à considérer le DPE comme un instrument de mesure et non comme un indicateur, à n’y voir qu’une étiquette et un classement. Il est peut-être là le malentendu. Vingt ans que le DPE existe, vingt ans qu’il demeure incompris souvent appréhendé comme une étude thermique, et non comme une estimation de la performance énergétique ; une estimation basée sur des consommations standardisées, qui s’affranchissent des habitudes de chacun. Avec les obligations de rénovation imposées aux passoires par la loi Climat et résilience, le malentendu s’est peut-être encore accentué. Le DPE est réduit à une simple étiquette et on oublie ce qu’il y a derrière. Pourtant, un logement a pu changer de classe au 1er janvier, mais les caractéristiques de son enveloppe et de ses équipements sont demeurées les mêmes : peu ou pas isolé, il reste une passoire thermique qu’il soit en E, F ou G. Ce n’est pas une question de calcul, juste de bon sens.

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