La Revue de Presse du diagnostic immobilier

Tous les articles regroupés sur une seule page web

Moins de chauffage, plus de confort ? Le pari (réussi) du confort thermique sobre

23/2/2026

Et si le confort thermique n’était pas uniquement une histoire de thermostat ? Une étude menée fin 2025 par Leroy Merlin Source et Octopus Energy explore une autre voie : celle du confort sobre. Quatorze familles ont tenté l’expérience pendant un hiver entier. Verdict : oui, il est possible de se chauffer à moins de 19°C sans souffrir du froid… et même sans inconfort. 19°C, ni plus ni moins. Largement promue depuis un décret de la fin des années 1970 cette température s’est imposée dans notre imaginaire collectif comme la référence de la sobriété énergétique. Au-dessus, on gaspille. En dessous, on subit, on frôle la précarité énergétique. Elle apparaît comme la frontière idéale entre confort et inconfort. 19°C : UNE NORME PLUS CULTURELLE QUE THERMIQUE L’étude de Leroy Merlin Source et Octopus Energy fortement cette vision. « La sobriété est trop souvent réduite à l’application d’une consigne de chauffage à 19°C, alors qu’elle touche plus largement les usages du logement et le mode de vie », souligne-t-elle. D’où l’expérimentation : peut-on se sentir bien chez soi à des températures inférieures ? Quatorze foyers ont relevé le défi, pour des raisons écologiques, économiques… ou les deux. Après tout, baisser le chauffage d’un degré permettrait environ 7 % d’économies d’énergie, martèle l’Ademe depuis tant d’années. Mais réduire le chauffage en plein hiver (voire le couper purement et simplement) ne se fait pas du jour au lendemain. Les habitudes de chauffage sont solidement ancrées. Les familles ont donc été accompagnées étape par étape : d’abord, la mesure des consommations et des températures, puis le pilotage du chauffage selon les besoins réels, ensuite l’adaptation vestimentaire et accessoires, et enfin l’organisation d’une « soirée confort sobre ». APPRENDRE À AVOIR CHAUD… AUTREMENT Résultat : presque tous les participants ont diminué leur chauffage, certains descendant même sous les 16°C. Les habitudes ont évolué : chauffage zoné, pièces moins utilisées peu ou pas chauffées, et gestion fine selon les moments de la journée. Les familles ont appris à s’adapter à une ambiance intérieure plus fraîche. On oublie les Crocs, c’est le retour en grâce de ces bonnes vieilles charentaises. Exit les tenues légères : place aux chaussettes épaisses, polaires, plaids, bouillottes et autres alliés thermiques. Les familles ont ainsi appris à piloter le chauffage non pas en fonction d’une consigne de température, mais de leurs besoins réels. L’étude montre que le confort thermique dépend en réalité de nombreux facteurs : âge, activité, moment de la journée, mobilité, qualité de l’isolation… On peut avoir froid à 19°C et se sentir bien à 17°C. La température seule ne fait pas tout. Un hiver plus tard, aucun des participants ne souhaite revenir en arrière. Les économies sont bien là — de moins 10 % à une division par cinq des dépenses selon les foyers — mais ce n’est pas l’argument principal. Les familles évoquent surtout les bénéfices d’une ambiance plus fraîche : meilleur sommeil, moins de fatigue, impression de tomber moins souvent malade. SOBRIÉTÉ THERMIQUE ET RÉNOVATION : UN PARADOXE Fait intéressant, cette expérience de sobriété ne renforce pas forcément l’envie de changer de système de chauffage. Elle peut même, selon l’étude, freiner certains projets devenus moins urgents avec une consommation réduite. En revanche, les travaux d’isolation restent pleinement pertinents et ne sont pas remis en cause. Ce « confort sobre » apparaît ainsi comme une alternative au tout-chauffage, composante centrale du confort moderne généralisé depuis les Trente Glorieuses. Une manière de rappeler que le bien-être thermique ne dépend pas uniquement d’un thermostat… mais aussi de nos usages, de notre logement et de notre capacité à changer nos habitudes.

Voir l'article d'origine sur
infodiag