Nouvelle année, mêmes certitudes : dans le logement, rien n’est jamais vraiment figé. À peine le temps de s’habituer à une règle qu’elle change déjà. DPE, aides à la rénovation, copropriétés, risques naturels ou diagnostics techniques… tour d’horizon de ce qui bouge (encore) et de ce que ça change, concrètement. LE DPE REBAT LES CARTES Surprise relative, mais effets bien réels. C’est fait, le coefficient d’énergie primaire de l’électricité est passé de 2,3 à 1,9 dans la méthode de calcul du DPE et de l’audit énergétique. Un ajustement technique en apparence, mais un vrai coup de pouce pour des millions de logements chauffés à l’électricité. Résultat : des biens qui changent de classe énergétique sans avoir posé le moindre isolant. Pour les propriétaires concernés, une bonne nouvelle… qu’il faudra aller chercher via la nouvelle étiquette disponible sur l’Observatoire de l’Ademe MAPRIMERÉNOV’ : NOUVELLE SAISON Le feuilleton continue, mais avec un rebondissement brutal. Faute de loi de finances, le guichet MaPrimeRénov’ est tout simplement à l’arrêt L’Anah ne distribue plus aucune aide (MapRimeRénov’, MaPrimeAdapt, LocAvantages…), provisoirement. Jusqu’à quand ? Personne ne le sait vraiment. Ce qui est certain, en revanche, c’est le recentrage assumé de la politique publique : moins de rénovations globales, des plafonds revus à la baisse, un ciblage renforcé sur les ménages modestes. Et côté travaux « monogestes », certaines pages sont définitivement tournées, comme le financement de l’isolation des murs ou des chaudières biomasse. ARGILES : LA CARTE S’ASSOMBRIT Ce n’est pas l’évolution la plus médiatisée aujourd’hui, mais on n’a pourtant pas fini d’en parler. Dès l’été 2026, l’État déploiera une nouvelle cartographie du risque retrait-gonflement des argiles (RGA). Avec le changement climatique, l’aléa progresse, les zones concernées s’étendent, et près de 12 millions de maisons devraient bientôt être classées en risque moyen ou fort. Ce qui représente tout de même six maisons sur dix en métropole. De quoi peser durablement sur les transactions… et sur les contrats d’assurance. DPE COLLECTIF : POUR TOUS LES IMMEUBLES D’AVANT 2013 Cette fois, il n’y a plus de débat, dernière étape de l’entrée en vigueur progressive du DPE collectif. LA règle est simple désormais, le diagnostic s’impose à tous les immeubles d’habitation dont le permis de construire est antérieur au 1er janvier 2013, qu’ils soient en copropriété ou non, petits ou grands. Indispensable pour bâtir un Projet de Plan pluriannuel de travaux (3PT), il est valable dix ans… sauf pour les immeubles les plus énergivores, qui devront rapidement remettre l’ouvrage sur le métier. ET ENCORE DES CHANGEMENTS À VENIR… D’autres évolutions sont également attendues au cours de l’année, comme l’assouplissement du calendrier Climat et résilience: une proposition de loi attend toujours d’être examinée du côté de l’Assemblée nationale. D’autres mesures arriveront à n’en pas douter en réponse à l’actuelle crise du logement. Enfin, ce n’est pas parce que le DPE a déjà changé au 1er janvier qu’il ne pourrait pas encore évoluer dans les prochains mois. Qui a dit que le diagnostic était figé? Plusieurs évolutions restent aujourd’hui à l’étude, notamment pour une meilleure prise en considération du bâti ancien, ou pour l’évolution du confort d’été. Deux exemples parmi d’autres.