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DPE et consommations réelles : le gouvernement défend la méthode actuelle

2/3/2026

C’est une incompréhension tenace. Oui, entre les estimations du DPE et les consommations réelles, de gros écarts existent parfois. Mais cela n’a rien d’anormal. Face à un sénateur qui réclamait de revoir le diagnostic, le ministère réaffirme son attachement à l’actuelle méthode qui a le grand mérite de pouvoir objectivement comparer deux biens ensemble. L’information mentionnée dès l’annonce immobilière, est forcément scrutée. Combien mon logement va me coûter chaque année ? L’estimation des consommations énergétiques en euros sonnant et trébuchant reste cependant à prendre avec de pincettes, puiqu’elle s’affranchit du comportement de ménages. En clair, la méthode de calcul considère des moyennes de températures saisonnières, une occupation moyenne, une température de chauffe à 19°C… Qu’un propriétaire ou un locataire s’écarte de ces standards, que l’hiver soit bien plus rude que les années précédentes et forcément, la facture s’éloigne des estimations du DPE. Le Conseil d’analyse économique (CAE) a déjà souligné ces gros écarts entre consommations standardisées et consommations réelles. « Les consommations prédites du DPE sont inférieures aux consommations réelles pour les classes performantes (A à C) et supérieures dans les classes peu performantes (D à G) », remarquait-il dans une étude de janvier 2024 Tout simplement parce qu’une personne qui habite une passoire énergétique aura tendance à baisser le chauffage au maximum, parfois même en dessous de 19°C pour ne pas payer trop cher. Et à l’inverse une personne qui dispose d’un logement vertueux aura tendance à pousser le chauffage, puisque cela coûte moins cher dans son esprit. C’est juste humain. Sauf que dans l’esprit collectif, cela reste source de confusion. Peut-être faudrait-il revoir (encore) le diagnostic pour qu’il colle davantage à la réalité ? Ce que suggérait le CAE dans son étude en 2024, ce que réclame aussi le sénateur Fabien Genet (Les Républicains). Dans une récente question écrite, l’élu de Saône-et-Loire demande au gouvernement quelles sont les pistes envisagées pour « réviser le dispositif du DPE afin de garantir des évaluations plus précises et justes». « LE DPE DEMEURE UN OUTIL PERTINENT » Pour le ministère, une telle révision reviendrait à un retour en arrière, puisque la méthode sur factures a été écartée -hormis dans le tertiaire- en 2021. « Désormais, le DPE s’appuie uniquement sur les caractéristiques physiques du logement, telles que la structure, l’isolation, les fenêtres et le système de chauffage », rappelle-t-il dans sa réponse publiée fin février. Oui, des écarts peuvent demeurer entre consommations standardisées et consommations réelles, mais il ne faut pas y voir un manque de fiabilité. « Les factures réelles reflètent aussi les contraintes économiques et sociales des ménages, qui peuvent s’éloigner du scénario conventionnel, standardisé pour permettre une comparaison juste et un interclassement des logements. Dans les logements les plus énergivores, de nombreux occupants limitent fortement leur chauffage, parfois au détriment du confort thermique et de la santé, afin de contenir leurs dépenses. » Plutôt qu’une « surestimation méthodologique du DPE » comme certains le pensent parfois, il s’agit donc de voir dans ces écarts « des conditions d’occupation dégradées et une sous-consommation contrainte de l’énergie ». Pour le ministère, le DPE avec sa méthode standardisées conserve donc toute sa pertinence, justement parce qu’il « s’appuie uniquement sur les caractéristiques physiques du logement et reste indépendant des comportements individuels ». « Le DPE demeure un outil pertinent pour apprécier et comparer la qualité énergétique des logements, identifier les passoires thermiques et orienter les politiques publiques. » Question de M. Fabien Genet (Saône-et-Loire – Les Républicains-R) publiée le 11/12/2025 – Réponse du Ministère de la ville et du logement publiée le 26/02/2026.

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